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Entretien avec le prêtre Regis Martin

Le Père Régis Martin est le prêtre de la commune de Pontault-Combault (77). Fort de son expérience, il nous décrit le déroulement d’une cérémonie catholique et nous confie ses recommandations.

« Quel plus bel espoir dans la nuit que la lumière ? »

Qui vous contacte ?

En région parisienne, ce sont les pompes funèbres qui nous contactent. On convient d’un rendez-vous au cours duquel l’agence de pompes funèbres nous donne l’identité du défunt et les coordonnées de la famille. Par la suite, il y a une prise de contact avec la famille du défunt, au domicile de celle-ci ou à la paroisse. Lors de cette rencontre, on discute avec eux, on fait connaissance, elle nous raconte un peu la vie de la personne défunte et émet des souhaits sur ce qu’elle veut pour la cérémonie.

Quelles sont les questions que vous posent généralement la famille ?

Elles n’ont généralement pas trop de questions car elles sont dans le désarroi. C’est au prêtre d’établir un contact, un lien pour pouvoir ensuite faire une célébration plus personnalisée. L’échange s’oriente beaucoup sur ce qui s’est passé, sur la vie du défunt etc. Puis vient le moment où le prêtre leur explique le déroulement d’une célébration religieuse et où on commence à la bâtir ensemble. Leurs questions dépendent aussi des causes de la mort. Lorsqu’il s’agit d’une personne jeune, les familles nous demandent souvent pourquoi, elles nous font part de leur sentiment d’injustice et d’incompréhension. On essaye d’apaiser toutes ces interrogations par l’écoute et le dialogue.

(Le Père Martin en office: photo)

Quels sont les textes choisis et comment les choisit-on ?

Les textes sont entièrement au choix de la famille. Je leur donne une petite revue avec quelques textes ce qui leur permet de faire leur choix dans une liste de morceaux choisis. Ils peuvent aussi lire d’autres textes qu’ils auraient eux-mêmes écrits, des poèmes… Mais l’aspect religieux doit être la trame de ces derniers.

Pouvez-vous me décrire une célébration type ?

Une cérémonie religieuse commence dès l’arrivée du corbillard. On accueille le corps dans le véhicule puis le cercueil entre dans l’église, suivi de la famille proche. Tous les autres membres de l’assistance ont été invités à entrer préalablement par les employés des pompes funèbres. Ils s’occupent également de disposer les fleurs dans l’église. L’entrée du cercueil est généralement accompagnée d’un morceau de musique. Les employés des pompes funèbres quittent ensuite l’église et l’officiant accueille les familles de manière plus solennelle.

Le premier rite effectué est le rite de la Lumière. Deux membres de la famille du défunt viennent allumer deux cierges, un de chaque côté du cercueil. C’est une symbolique forte de l’espérance chrétienne.

Ensuite viennent différentes lectures de textes religieux qu’a choisis la famille. C’est généralement l’officiant qui s’occupe de cette lecture car la famille est souvent perdue, désemparée voire en larmes pour certaines.

Un temps d’hommage est consacré à un discours plus personnalisé sur le défunt, qui peut être écrit et lu par des proches. Et ensuite, c’est le dernier adieu. Il s’agit d’un temps de recueillement et de silence durant lequel les proches bénissent le corps. Les chrétiens font un signe de croix, les autres font le signe qu’ils souhaitent. De manière assez générale, les gens sortent au fur et à mesure après avoir effectué ce geste. La famille reste dans l’église et sortira en suivant le cercueil.

On encourage la famille à participer à la cérémonie car cette participation permet de libérer un peu l’esprit et le coeur. Lorsqu’il y a des enfants, on leur propose aussi d’aller déposer de petites bougies devant le cercueil.

Poursuivez-vous la cérémonie au cimetière ?

Malheureusement, les prêtres ont de moins en moins le temps d’assister à la mise en terre dans les cimetières. Le contexte urbain ne facilite pas non plus la chose puisque traditionnellement, on suivait le corbillard à pieds. Vous imaginez les problèmes que cela peut poser en ville : circulation bloquée, automobilistes qui klaxonnent… Ce ne sont pas forcément les conditions rêvées lors d’une cérémonie d’obsèques. Lorsque le décès a lieu dans une commune plus éloignée, le corps est béni une seconde fois avant la descente en terre.

Quelles sont vos relations avec les agences de pompes funèbres ?

Elles sont généralement assez bonnes, je n’ai jamais eu aucun souci avec celles-ci. Il faut avouer que cela dépend beaucoup des gens mais les employés funéraires sont généralement courtois. Quand ce sont des agences locales, on les connait assez bien. Puis il faut avouer que c’est tout à leur avantage que les choses se passent bien afin que les familles puissent les recontacter en cas de décès.

La religion facilite-t-elle le travail de deuil ?

Psychologiquement parlant, cela aide certainement puisque la grande majorité des Français sont enterrés à l’église même s’ils ne sont pas pratiquants. On peut voir des familles vraiment à mille lieues d’une pratique religieuse mais par respect pour le défunt ou parce qu’il était lui-même croyant, elles font la démarche. « On ne veut pas l’enterrer comme un chien » comme beaucoup me disent.

De manière plus pratique, le dimanche qui suit les obsèques, la famille est prévenue que la messe sera célébrée en l’honneur du défunt, il sera nommé. On leur envoie un courrier avec les différentes dates auxquelles des messes seront célébrées pour les défunts, elles peuvent choisir de venir ou non. A la Toussaint, toutes les familles ayant eu un deuil dans l’année sont invitées à une célébration où tous les défunts seront nommés. Si les familles désirent que d’autres messes soient célébrées, elles peuvent nous contacter, tout reste possible.

 

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