Le traumatisme du deuil Périnatal

Le Deuil Périnatal est un sujet assez peu abordé dans notre société et pourtant cela touche plus de 7 000 familles chaque année. Il s’agit de la mort d’un bébé au cours de la grossesse ou de la naissance, ce qui crée chez les parents un véritable traumatisme complexe et difficile à comprendre.

Définition

Médicalement, le deuil périnatal concerne le décès d’un enfant en cours de gestation, pendant ou après l’accouchement, ou encore dans les premières semaines qui suivent la naissance.

Pour les médecins, on peut parler d’un « enfant » à partir de 4 mois et demi de grossesse et plusieurs malheurs peuvent arriver avant la fin de l’accouchement : maladies in utéro, interruption volontaire médicale, incapacité médicale de la mère de mener la grossesse à terme…

Une douleur Familiale

C’est un deuil qui se fait avec une grande pudeur, car socialement, il est assez peu reconnu. Le couple est frappé de plein fouet pendant que les parents étaient dans une période très heureuse de leur vie. Alors qu’ils s’apprêtaient à accueillir leur bébé dans la joie et le bonheur, tous leurs projets s’écroulent.

La mort périnatale a également un impact sur toute la famille : les enfants aînés mais aussi les grands-parents et surtout les enfants à venir. Avec ce bébé disparu, c’est tout un avenir qui s’écroule, toute une vie qui semble réduite à néant et pourtant, il faut bien continuer à vivre.

Une faille juridique

Le vide juridique qui entoure cette perte n’aide pas les parents à faire leur deuil car il peut y avoir plusieurs situations :

– Lorsque l’enfant décède entre la naissance et le troisième jour (avant la reconnaissance officielle , la déclaration de son décès donnera lieu à la délivrance d’un acte de décès. Les inscriptions sur les registres d’état civil de naissance et de décès sont obligatoires. Les funérailles de cet enfant sont également obligatoires et à la charge de la famille.

– Si l’enfant est mort-né, depuis 2008, pour une grossesse ayant dépassé les 15 semaines, l’inscription à l’état civil est possible. Mais pour une grossesse plus jeune, c’est différent puisque qu’il n’y a pas d’acte de naissance, il n’est pas une « personne » dans le sens juridique du terme et n’a pas droit à la filiation, ni à un nom de famille. Ses parents peuvent lui donner un prénom mais ce n’est pas obligatoire. Selon les situations, on peut aisément imaginer le désarroi de la famille qui se retrouve alors privée de statut juridique, ils ont le sentiment que leur deuil n’est pas reconnu.

L’importance du travail associatif

Pour surpasser tout cela, un long processus se met alors en marche. Souvent, et quand cela est possible, des funérailles sont indispensables au travail de deuil.

Il faut aussi savoir se retrouver en couple et parvenir à faire de nouveau des projets. Certains imaginent déjà une nouvelle grossesse, un déménagement…

Beaucoup d’associations prennent alors le relais et tentent de rapprocher ceux qui ont vécu la même expérience, et de les soutenir dans cette épreuve.