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Happy End, apprendre à vivre en paix avec la mort

Et si on vivait en paix avec la mort ? C’est la réflexion à laquelle nous invite la journaliste Sarah Dumont à travers son site internet Happy End. Ce site d’information et de réflexion indépendant ose aborder toutes les questions liées à la fin de vie.

Obsèques infos est parti à la rencontre de Sarah Dumont, on vous livre notre échange.

 

Sarah Dumont

Comment présenteriez vous Happy End en quelques mots ? Quelle est sa vocation ?

« Happy est un site qui parle de la mort sans tabou et qui donne les informations nécessaires aux familles pour organiser l’enterrement qui leur ressemble. Dans un mois, Happy End sera aussi un podcast. L’idée est d’aider les gens à se réconcilier avec ce sujet tant redouté… Car je suis persuadée, comme beaucoup de psychothérapeutes, qu’être en paix avec la mort aide à mieux vivre sa vie. »

 

Comment est né ce projet ?

« En 2013, mon père est mort. Il était athée et seul un enterrement civil était envisageable pour lui. On n’avait pas du tout envie de lui rendre hommage dans un crématorium. Et on a réussi à trouver la bonne formule : sa cérémonie a eu lieu à la Bellevilloise, lieu de fête parisien, ses proches ont pris la parole, joué de la musique. Et son cercueil est parti recouvert de post-it fluo où chacun avait déposé un mot. On a tous ressenti une belle énergie ce jour-là. C’était d’ailleurs la première fois que je voyais des gens applaudir à un enterrement. Je crois que ses amis se sont sentis libres. Avoir pu lui rendre hommage de cette façon nous a apaisé, apporté de la joie et aidé à commencer à faire notre deuil. Cela m’a donné envie de dire aux gens que c’était possible et plus largement, de diffuser un message : vivez la mort comme vous le sentez. Tout ce qui compte, c’est que ce soit juste pour vous. »

 

Quel a été votre parcours avant de faire naître ce projet ? Peut-on dire qu’il s’agit d’une reconversion de votre part (virage à 360°) ou du prolongement logique de votre parcours de vie ? 

« Je suis journaliste depuis 18 ans. J’ai évolué dans la presse féminine où j’ai notamment travaillé pour les rubriques psycho et société. J’ai toujours eu un attrait particulier pour les sujets lourds. Ces articles racontant des parcours de vie, certes douloureux, n’ont jamais résonné en moi de façon négative. Au contraire, je perçois davantage l’incroyable capacité à se battre et à se relever de chaque individu que les difficultés traversées. C’est aussi ce que je raconte sur Happy End : comment une maman qui a perdu un enfant a retrouvé de la joie de vivre, comment un enterrement personnalisé peut aider à se reconstruire… »

 

Etes-vous seule derrière Happy End ? Y a-t-il d’autres mains / têtes pensantes qui vous accompagnent ?

« Happy End est né en avril dernier donc est assez récent mais ma volonté est de réunir autour du site des spécialistes du sujet dans différents secteurs (psychologie, santé, spiritualité,…) Laetitia Royant, auteure des « Funérailles Ecologiques » et passionnée comme moi par le sujet de la mort, m’a rejoint dans cette aventure et écrit des articles pour le site. Au fil des mois, j’espère agrandir le cercle de contributeurs. »

 

Vous avez choisi, à travers Happy End, d’aider les familles à organiser un enterrement laïc, sentez-vous qu’il s’agit d’une demande de plus en plus fréquente de la part des familles de vouloir organiser des obsèques civiles ?

« Les demandes en matière du funéraire ont beaucoup évolué. Cela s’explique par une perte des valeurs religieuses. Aujourd’hui, 63% de la population ne s’identifie à aucune religion. A l’heure actuelle, 30% des Français qui optent pour une crémation souhaitent une cérémonie civile et ils sont 20% quand ils choisissent une inhumation. Ces nouvelles attentes doivent être prises en compte. »

 

Que recherchent les familles qui souhaitent organiser un enterrement laïc ?

« Les familles sont de plus en plus nombreuses à vouloir personnaliser ce moment et y prendre part. Photos, textes, vidéos, morceaux de musique, danse… Pour élaborer cet hommage, ils réunissent les ingrédients de la vie du défunt et cherchent à respecter ses goûts. Ils deviennent « acteurs » de la cérémonie. Le rôle des pompes funèbres est de les accompagner dans cette organisation en respectant des rites. Car ces gestes constituent un rituel de séparation primordial pour que les proches prennent conscience du décès, et puissent entamer leur travail de deuil. »

 

L’enterrement laïque est-il compatible avec une certaine spiritualité ?

« Bien sûr. Laïque ne veut pas dire « anti-spirituel ». Les familles réinventent des rites, en fonction de leurs croyances, et posent une intention particulière pour accompagner leur défunt dans ce voyage vers l’inconnu. Ils s’autorisent à être plus proche de leur ressenti et actent la séparation par des mots, des gestes, des rites spécifiques qui leur font sens. »

 

La vieillesse et la mort semblent encore taboues dans notre société actuelle, Happy End permet-il de libérer la parole ?

« C’est une des missions d’Happy End. Donner la parole à des personnes ayant vécu un deuil, aux soignants confrontés à la mort au quotidien, à des maîtres spirituels ou encore à des médiums. L’idée est de faire bouger les lignes et de traiter la mort comme n’importe quel autre sujet de société. Une naissance se prépare, s’anticipe, se raconte. Pourquoi la mort, étape incontournable de la vie, ne bénéficierait pas de la même attention ? »

 

Vos lecteurs vous écrivent-ils ? Vous inspirent-ils ? Avez-vous une anecdote marquante à nous faire partager ?

« Je reçois beaucoup de mails me remerciant de briser le silence sur ce sujet, autant de particuliers qui ont envie de partager leur expérience ou qui souhaitent préparer leur mort que de soignants qui aimeraient qu’on arrête de penser la mort uniquement en terme médical. Je me nourris bien sûr de leurs témoignages. Je pense notamment à une jeune femme de 40 ans, en pleine forme, qui m’a écrit pour savoir comment écrire ses dernières volontés. Mais aussi à une chef de santé en EPHAD qui avait besoin d’aide pour « ritualiser » la mort dans son établissement. »  

 

 Travailler sur un projet comme Happy End a-t-il modifié votre rapport à la mort ? Changé votre regard sur la vie ?

« Non, confrontée à plusieurs deuils au cours de ma vie, j’ai toujours considéré la mort comme quelque chose de naturelle. Bien sûr, je crains ma propre mort et celle de mes proches, par peur de la séparation. Mais les nombreux interviews que je réalise m’aident à penser que l’après n’est peut-être pas la fin… »

 

 

 

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